Artemis II : La mission complète en 3D temps-réel
6 avril 2026
Vivez la mission Artemis II du 6 avril 2026 : suivez la trajectoire réelle du vaisseau de la Terre à la Lune et retour, dans une reconstitution 3D en temps réel.
Nous sommes le 1 avril 2026.
Au Kennedy Space Center, en Floride, le SLS de la NASA attend sur le pas de tir 39B.
D'ici sont partis Apollo 10, les trois équipages de Skylab et 53 vols de la navette.
Mission de la NASA, avec les agences spatiales canadienne et européenne.
Le but du programme Artemis : ramener des humains sur la Lune, et cette fois y rester.
Artemis I a volé sans équipage en 2022. Artemis II emporte le premier.
C'est un vol d'essai : vérifier qu'Orion fait vivre un équipage loin de la Terre.
Ils vont faire le tour de la Lune et revenir, sans s'y poser.
À son sommet, la capsule Orion de Lockheed Martin, baptisée Integrity par l'équipage.
À bord, quatre astronautes : Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen.
Le SLS mesure 98 mètres : un peu moins que la Saturn V d'Apollo, 111 mètres.
Boeing a construit son étage central, Northrop Grumman ses deux propulseurs à poudre.
Coût estimé de chaque lancement du SLS et d'Orion : environ 4 milliards de dollars.
Décollage ! Quatre moteurs RS-25 et deux propulseurs à poudre soulèvent 2 600 tonnes.
Près de 39 méganewtons de poussée : plus que la Saturn V d'Apollo.
Les deux propulseurs à poudre fournissent plus des trois quarts de cette poussée.
Trois des quatre RS-25 ont déjà volé : ce sont des moteurs de la navette spatiale.
Personne ne pilote : les ordinateurs de la fusée la mènent, l'équipage surveille.
Après 2 minutes, les propulseurs vides se détachent et tombent dans l'Atlantique.
Les panneaux qui protégeaient le module de service sont largués, puis la tour de sauvetage.
Cette tour aurait arraché la capsule à la fusée en cas d'accident.
Après 8 minutes, les RS-25 s'éteignent et l'étage central se détache, vide.
Ces moteurs de navette ne voleront plus : ils partent avec l'étage central.
Il reste l'étage supérieur d'ULA, un seul moteur RL10, et Orion à son sommet.
Orion déploie ses quatre panneaux solaires : 19 mètres d'envergure.
Orion, c'est deux modules : la capsule de l'équipage et le module de service.
Le module de service, européen, fournit l'électricité, l'eau, l'oxygène et la propulsion.
L'étage supérieur s'allume et relève le point bas de l'orbite.
Le point bas remonte à 185 km, hors de l'atmosphère.
L'étage supérieur se rallume : l'orbite s'étire jusqu'à plus de 70 000 km d'altitude.
Un seul tour de cette orbite dure près d'une journée.
Un peu plus tôt, un voyant s'est allumé sur les toilettes. Houston aide à le régler.
Orion se sépare de l'étage supérieur : désormais, il vole seul.
Pendant près d'une journée, l'équipage vérifie Orion sur cette orbite haute.
« Élimine-t-il notre CO₂ ? Peut-on boire ? Aller aux toilettes ? », résume Wiseman.
Tant qu'il tourne autour de la Terre, l'équipage peut encore rentrer vite.
Passé le sommet, à 70 000 km, Orion retombe vers la Terre sans rien allumer.
Il accélère tout du long : de 3 300 km/h au sommet à 37 000 km/h au plus bas.
Apollo 11 partait d'une orbite basse : son troisième étage ajoutait 11 000 km/h d'un coup.
Orion n'emporte pas assez de carburant pour un tel coup d'accélérateur.
Alors l'étage supérieur a étiré l'orbite, et la chute vers la Terre fait le reste.
Au plus bas, là où il file le plus vite, il ne manque qu'environ 1 400 km/h.
Injection translunaire : le moteur d'Orion s'allume pendant presque six minutes.
Ce moteur a déjà volé : il équipait la navette Atlantis de 2000 à 2002.
Pour la première fois depuis 1972, des humains quittent l'orbite de la Terre.
Quatre jours de voyage jusqu'à la Lune, à près de 400 000 kilomètres.
Le commandant, Reid Wiseman, pilote d'essai de la Navy, a dirigé le corps des astronautes.
Le pilote, Victor Glover, est le premier astronaute noir à partir vers la Lune.
Christina Koch est la première femme à partir vers la Lune.
Ingénieure, elle détient le record du plus long vol spatial d'une femme : 328 jours.
Le Canadien Jeremy Hansen est le premier non-Américain à partir vers la Lune.
Pilote de chasse, il fait ici son tout premier vol spatial.
Pour vivre, 9 m³ à quatre : un peu plus que les 6 m³ d'Apollo, à trois.
Pour garder leurs muscles, ils s'entraînent sur un appareil à volant d'inertie.
L'évacuation des eaux usées se bouche : l'équipage se rabat sur des poches de secours.
Orion teste aussi un lien laser pour envoyer vidéos et données vers la Terre.
Orion ralentit tout le trajet : la Terre le retient, jusqu'à ce que la Lune l'attire.
C'est un « retour libre » : sans gros allumage, la Lune le renverra vers la Terre.
Dix-sept secondes de propulseurs : une retouche, pour croiser la Lune au bon endroit.
Deux corrections prévues avant celle-ci ont été annulées : la trajectoire était déjà juste.
Même si le moteur tombait en panne, l'équipage rentrerait.
Orion va passer derrière la Lune, au-dessus de la face qu'on ne voit jamais depuis la Terre.
À 400 171 km de la Terre, ils battent le record d'Apollo 13, qui tenait depuis 1970.
Pendant le survol, l'équipage prendra plus de 7 000 photos.
Pour la première fois, des humains voient en entier le bassin Orientale, 900 km de large.
La Terre se couche derrière la Lune : 40 minutes sans contact radio.
Seuls derrière la Lune, comme les équipages d'Apollo avant eux.
Au plus près, ils passent à 6 545 km au-dessus de la face cachée.
Ils sont à près de 407 000 km de la Terre : jamais des humains n'étaient allés si loin.
La Terre se lève derrière la Lune, et la radio revient.
Depuis Orion, la Lune cache le Soleil : une éclipse de près d'une heure.
Ils photographient la couronne du Soleil, invisible le reste du temps.
Ils voient aussi six éclairs : des météorites qui s'écrasent sur la Lune.
L'équipage propose de baptiser un cratère Integrity, comme leur capsule.
Et un autre Carroll, du nom de l'épouse disparue de Reid Wiseman.
Quatre jours de retour vers la Terre, sans rallumer le moteur principal.
Orion sort de la sphère d'influence de la Lune : la Terre reprend la main.
« La Terre nous ramène, et nous en sommes heureux », dit Wiseman.
Quinze secondes de propulseurs : la première de trois petites corrections de trajectoire.
Chacun essaie un vêtement de compression, contre les malaises au retour de la pesanteur.
Un souci de pressurisation d'oxygène fait annuler un essai de pilotage manuel.
Orion accélère à mesure que la Terre l'attire : il file vers elle de plus en plus vite.
L'équipage range la cabine et réinstalle les sièges pour la rentrée.
Sur Artemis I, en 2022, le bouclier thermique avait perdu des éclats en rentrant.
Plutôt que de le changer, la NASA a modifié la trajectoire de rentrée pour le ménager.
Dernière correction, à cinq heures de l'amerrissage.
Les astronautes enfilent leurs combinaisons orange pour la rentrée.
Le module de service se détache : il brûlera dans l'atmosphère au-dessus du Pacifique.
Seule reste la capsule, bouclier thermique tourné vers l'avant.
Interface d'entrée, à 122 km : Orion frappe l'atmosphère à près de 40 000 km/h.
Le plasma coupe la radio six minutes. Le bouclier monte à près de 1 650 °C.
Les astronautes encaissent jusqu'à près de 4 G.
Le capot avant saute : onze parachutes vont s'ouvrir, l'un après l'autre.
À 7 km d'altitude, deux parachutes de freinage stabilisent et ralentissent Orion.
À 1,6 km, trois petits parachutes tirent les trois principaux, 35 mètres chacun.
Sous leurs voiles, Orion ne descend plus qu'à la vitesse d'une voiture en ville.
Amerrissage dans le Pacifique, au large de San Diego, après neuf jours de vol.
En tout, Orion a parcouru plus de 1,1 million de kilomètres.
Moins de deux heures plus tard, des hélicoptères les emmènent sur l'USS John P. Murtha.
Mission accomplie : Orion a ramené un équipage de la Lune. Prochaine étape, s'y poser.